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« Il y a nécessité de rétablir la vérité sur l’entreprise »

1er mars 2012 - Martinique

 

Olivier Huyghues Despointes, directeur général de Bâtir a été élu président de Contact Entreprises en mars 2009. Après trois ans à la tête de la structure de promotion de l’entreprise à la Martinique, il passe le témoin ce soir. Bilan d’un mandat.


Trois années à la présidence de Contact-Entreprises. Quelle est la valeur de cet engagement ?

C’est avant tout, une expérience très enrichissante car elle nous a permis de faire beaucoup de choses pour la Martinique. D’abord avec un groupe de chefs d’entreprise qui est très engagé pour l’intérêt général. Et surtout, nous avons pu mener des actions envers plusieurs publics. Je pense à la jeunesse qui était une des missions principales. Nous avons également eu un dialogue avec les politiques, avec la presse. Toutes ces rencontres ont pu enrichir notre connaissance du marché et nous ont aidés à préparer l’avenir. Vous êtes arrivé à la présidence au lendemain de la crise de février 2009.

Vous vous appelez Huyghues Despointes. Était-ce traumatisant ou un défi à relever ?

Ni l’un ni l’autre. Plus une nécessité. février 2009 au regard de l’entreprise, c’était beaucoup de contre-vérité. Il y avait donc nécessité de rétablir la vérité sur l’entreprenariat, comment les chefs d’entreprises et leurs collaborateurs vivent au quotidien. Et ce n’est pas l’un contre l’autre, mais l’un à côté de l’autre, visant un objectif commun. Ne comparons nos entreprises avec celles du CAC 40 et nous n’avons de grands patrons. Non. 90 % des entreprises locales ont moins de 10 salariés. Le chef d’entreprise a été salarié lui même et il est en relation permanente avec ses collaborateurs que ce soit le comptable, le manutentionnaire, le vendeur et d’autres. C’est cela la structure de nos entreprises et c’est cela que nous avons voulu rappeler.

Par rapport à cette image : qu’est-ce qui a évolué depuis ces années ?

Nous avons beaucoup œuvré auprès des jeunes et nous avons beaucoup échangé avec les politiques. Et je pense que la crise a bouleversé bien des choses. Aujourd’hui rares sont les politiques qui pensent qu’elle n’a pas eu d’impact les finances publiques. Et tout le monde comprend aisément que pour répartir la richesse, il faut créer de la richesse. Et pour cela il faut créer des entreprises. Sinon on rentre dans le processus de la dette. Et je ne crois pas sincèrement que c’est le souhait de nos hommes politiques. Nous avons pu mener un discours vantant le rôle de l’entreprise dans la création de la richesse, laquelle permet la création des emplois. Et pour avoir tout cela, il faut des conditions suffisantes pour créer une entreprise. Les politiques publiques doivent être orientées vers cela. Je crois que nous devons renforcer le dialogue entre ces deux mondes, afin d’un dialogue constructif sur ces thèmes.

Justement, vous aviez publié une lettre ouverte au président du conseil régional*, ce qui vous a valu un échange difficilement qualifiable de lettre d’amour. Était-il nécessaire de taper du point sur la table pour mieux vous faire entendre ?

C’est plus une sensibilisation sur une situation donnée qui était pour nous nécessaire. Parce que la situation reste difficile, que le chômage est en hausse, que 62 % des jeunes sont sans travail. Cette situation, elle existe. Et l’entreprise ne peut pas être responsable de tout. Pour qu’elle existe, il lui faut du personnel qualifié. C’est la raison pour laquelle nous avons signé des partenariats avec le Rectorat et l’Université, car il faut très tôt préparer nos jeunes à l’entreprise. C’est une des étapes que nous voulions mener : balayer les clichés. Ces partenariats nous permettent d’avoir plus de visibilité. C’est pour cela que nous avons monté des structures comme le Réseau Entreprendre et Audace qui sont prometteurs. Churchill disait : " il n’y a pas de système désespéré ; il n’y a des hommes désespérés." Je crois comme lui qu’il y a de l’avenir pour l’entreprise dans notre pays et que nous nous en sortirons. À la condition de se mettre tous dans le bon sens. Vous quittez la barre du navire. Que regrettez-vous ne pas avoir pu faire ? Le travail était gigantesque. Beaucoup ont été faits. Peut-être de ne pas avoir pu convaincre plus de personne. L’équipe a été formidable. On a eu beaucoup de mission et nous avons donné beaucoup d’heures. Mais il y a encore beaucoup à faire et c’est impression qui me reste.

Quel sera le conseil que vous donnerez à votre successeur ?

Je ne suis pas de nature à donner des conseils. Mais je lui dirai qu’il lui faudra beaucoup d’écoute, car par l’écoute nous apprenons beaucoup. Beaucoup !

Un nouveau comité directeur ce soir

Olivier Huyghues Despointes n’est pas seul à passer le témoin. Ces collègues du comité directeur que sont Eric Coppet, vice président, , Michel Coridon, trésorier et Jean-Claude Boulanger, secrétaire général, passent également leurs témoins. Pour les remplacer, c’est le conseil d’administration de 12 membres, qui choisira parmi ses membres. Et il se dit - puisqu’il est jusqu’ici le seul à avoir déclaré ses intentions - qu’Emmanuel de Reynal pourrait être le prochain président de Contact Entreprises.

Entretien : Gabriel Gallion franceantilles.fr 27.02.2012

 


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